La Hague abrite un patrimoine géologique exceptionnel. Tout petit territoire, d’à peine 150 km², elle permet de plonger dans 2.1 milliards d’années d’histoire de la Terre, c’est-à-dire d’observer les plus vieilles roches de France métropolitaine et de raconter la moitié de l’histoire de notre Planète.
Elle renferme en effet les vestiges de trois anciennes chaînes de montagnes : la chaîne icartienne (datée à 2 milliards d’années), la chaîne cadomienne (entre 650 et 540 millions d’années) et la chaîne varisque (ou hercynienne ; construite il y a environ 300 millions d’années).
Les dépôts sédimentaires constituant certaines de ses falaises vives permettent par ailleurs d’apprécier les fluctuations du niveau marin et les changements climatiques des derniers 200 000 ans.
Carte simplifiée du Géoparc La Hague réalisée à partir de la carte géologique à vocation pédagogique du Géoparc (BRGM)
Des sites géologiques d’intérêt majeur
Au sein du Géoparc La Hague, 37 sites d’intérêt géologique ont été sélectionnés pour, à travers eux, mieux comprendre l’histoire de la Terre et les enjeux qui en découlent en termes de préservation des écosystèmes, de développement durable et de résilience face aux risques naturels. Illustrant 12 périodes géologiques, ils permettent de représenter une grande variété d’intérêts (magmatisme, métamorphisme, sédimentologie, paléontologie, géomorphologie, volcanologie…) et de comprendre comment les 3 orogenèses successives et les variations climatiques du Quaternaire sont responsables notamment de la diversité des paysages d’aujourd’hui, de la richesse des matériaux de construction du bâti local, ou encore de la plus ou moins grande vulnérabilité des côtes de La Hague face au réchauffement climatique. Le Géoparc La Hague permet ainsi d’approcher de façon holistique et pédagogique les conséquences de cette histoire géologique sur d’autres aspects patrimoniaux et de faire le parallèle avec des phénomènes à l’œuvre ailleurs dans le monde.
Certains sites étant plus faciles à comprendre que d’autres, et pour tenir compte de leurs conditions d’accès et de vulnérabilité respectives, ils ne bénéficient aujourd’hui pas tous du même niveau de valorisation.
Quelques exemples de sites géologiques du Géoparc La Hague
Géosite du Castel Vendon
Chaîne Icartienne
Rendu célèbre par Jean-François Millet, ce site est aussi un monument géologique, il s’agit d’un gneiss oeillé dont le granite originel est daté de 2.1 milliards d’années
Géosite de la Pointe de Jardeheu
Chaîne cadomienne
Sous le sémaphore de Jardeheu et sur le platier à l’Est affleure différents types de roches magmatiques anciennes injectées dans les gneiss icartiens. Assez claire, blanche et noire, se distingue une diorite, datée autour de 610 millions d’années, ce qui la place au début du cycle cadomien.
(Photo : Cotentin Drone Studio)
Géosite de la Baie d’Ecuty
Chaîne cadomienne
La Monzonite de l’Anse St Martin a la particularité d’accueillir des enclaves sombres qui correspondent à des morceaux de magma provenant de la fusion du manteau remontés avec son propre magma. Cette roche est datée de 580 Ma.
(Photo : Yohann Poprawski)
Géosite de la Baie d’Ecuty
Chaîne cadomienne
Lorsque la mer se retire, le platier rocheux de la Baie d’Ecuty présente une diversité de roches métamorphiques et magmatiques. Le granite rose en particulier donne sa couleur à la Baie. Daté de 570 Ma, il termine l’histoire Cadomienne.
(Photo : Yohann Poprawski)
Géosite de la carrière de la pierre d’Omonville
Chaîne cadomienne
Cette entreprise familiale dont l’accès est réglementé exploite les arkoses et conglomérats du Cambrien qui sont issus de l’érosion de la chaîne Cadomienne. Ces roches sont constituées d’alternance de niveaux fins et de niveaux plus grossiers. Caractérisées par une couleur gris/beige, elles se retrouvent dans de nombreuses constructions de la péninsule.
Géosite de la carrière de Vauville
Chaîne varisque
Les courants et les vagues ont laissé leurs empreintes sur cet ancien fond marin daté de 470 Ma et connu sous le nom de grès de May. La chaîne varisque formée entre 360 et 300 Millions d’années l’a ensuite basculé.
(Photo : Arnaud Guérin – Lithospère)
Géosite du Cap de La Hague
Chaîne varisque
L’estran près du sémaphore de La Hague permet d’observer deux types de filons injectés dans le granite cadomien d’Auderville : (1) des filons de dolérite (roche de couleur sombre) à l’est, attribués au début de l’orogenèse varisque ;
(2) des filons de lamprophyre (teinte brunâtre) à l’ouest, liés à l’effondrement de l’orogène varisque.
(Photo : Arnaud Guérin – Lithosphère)
Géosite d’Herquemoulin
Quaternaire
Des murs de heads constituent les falaises de toute la baie. Cet empilement de matériaux rocheux est un témoin de l’alternance de périodes glaciaires et interglaciaires qui ont régné sur le Nord Ouest de l’Europe pendant l’ère Quaternaire.
(Photo : Arnaud Guérin – Lithosphère)
Géosite de la Pointe de Jardeheu
Quaternaire
Ce site révèle dans sa micro-falaise des traces d’une plage perchée datant de l’Eemien entre 130 et 115 000 ans, affectée par des cryoturbations pendant le Weichsélien, qui ont redressé les galets presque à la verticale. Située à une altitude plus élevée que le niveau actuel de la mer, elle s’est formée lors d’une période où le niveau marin était plus haut.
(Photo : Arnaud Guérin – Lithosphère)
Géosite des dunes de La Hague
Quaternaire
Il y a 20 000 ans, le terrain où se trouvent aujourd’hui les dunes est composé de collines de schistes de Beaumont et de grès de May. A leur pied se trouve une zone humide. Lorsque le climat se réchauffe, au cours des 6 et 7 derniers millénaires, le niveau marin remonte en poussant devant lui d’importantes quantités de sable, qui, grâce à des vents fréquents orientés ouest/sud-ouest, recouvrent ainsi la zone humide, puis les collines.
LE récit minéral d’une planète en mouvement
Ce film documentaire et pédagogique raconte l’histoire géologique de La Hague, au sein de l’Histoire de la Terre. Il est diffusé en continu au sein du Tourp, maison de La Hague.