L’art de la construction en pierre sèche : savoir-faire et techniques.
Les murets et avec eux les frotteux (pierres longues et hautes, installées dans les champs pour que les bêtes puissent s’y frotter) et les pierres percées sont des éléments caractéristiques des paysages du Cap de La Hague. La pierre utilisée est différente selon les secteurs : granite, arkoses, grès… Ce savoir-faire a été inscrit à l’UNESCO au titre du patrimoine immatériel de l’humanité. Il a des avantages multiples : lutte contre le ruissellement et l’érosion, biotope pour de nombreuses espèces, bilan carbone réduit, solidité éprouvée si la construction est faite dans les règles de l’art.


La contrebande
Fraude des produits manufacturés et notamment du textile aux XVIIème et XVIIIème siècles, pratiquée par quelques grandes bandes organisées, et fraude du tabac exercée par des équipes plus nombreuses et moins structurées au XIXème siècle, la contrebande fait partie de l’histoire de La Hague.
Elle se traduit par différents motifs dans le paysage : des grandes « caches », de plusieurs mètres carrés appuyées sur une maçonnerie en pierre, dissimulées par la végétation ou fondues parmi les rochers ; des gabions, constitués de divers matériaux collectés sur le littoral (pierres, branchages, tourbes, galets, etc.) édifiés pour la plupart sans plan ni règle architecturale par les douaniers eux-mêmes afin de se constituer un abri ; des caches domestiques, de petite dimension accueillaient également autrefois les produits destinés à une consommation familiale ; mais aussi des casernes, et bien sûr le chemin des douaniers depuis lesquels ces derniers effectuaient leur surveillance.
Les légendes
On compte de nombreuses légendes à La Hague, inspirées par le mystère des paysages entre grottes cachées, falaises abruptes, sentiers sinueux, et landes désertes, brumeuses et inquiétantes. Les dames-blanches, fées, lutins et varous (loups-garous) font partie de l’imaginaire. Les demoiselles sont nombreuses à La Hague à hanter certains lieux pour jouer des tours aux hommes.
Les goublins sont également connus comme des lutins farceurs, plus malicieux que méchants. D’autres contes ou légendes s’appuient sur des éléments du paysage ou des lieux particuliers. Le conte de Gargantua raconte que le géant est à l’origine de l’apparition de certains rochers de Saint-Germain-des-Vaux à Auderville, et de l’apparition de l’île d’Aurigny.


Le gravage
Le gravage est un droit seigneurial qui consiste à récupérer ce que la mer rejette sur le rivage, depuis le varech jusqu’aux cargaisons des navires naufragés, si le naufrage a lieu sur le fief du seigneur considéré. Récolté après les tempêtes hivernales, le varech était brûlé directement dans des fours réalisés en pierres/galets jointifs dont on retrouve des traces aujourd’hui le long du rivage, pour la fabrication de la soude du début du XVIIIe s. jusqu’au début XXe.
Aujourd’hui, certains habitants arpentent encore les grèves, après une tempête à la recherche de quelques trésors…
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