Les landes à Ericacées
Issues du défrichement de forêt primaire et de l’action de l’Homme en continu depuis le Néolithique (5000 ans avant notre ère), les landes de la Hague abritent des espèces végétales particulières, liées à des conditions de sols pauvres et acides, et à un climat hyperocéanique : les ajoncs et les bruyères sont les plus emblématiques.
L’ajonc de Legall, la bruyère cendrée et la callune sont les composantes principales de landes basses sèches, alors que l’ajonc d’Europe, se retrouve sur des zones au sol plus épais. Quant à la bruyère à quatre angles, elle est caractéristique des landes humides. Ce milieu naturel abrite une faune spécifique telle que la vipère péliade, la rainette verte ou de nombreux petits passereaux comme la fauvette pitchou, la plus emblématique d’entre eux.


Les dunes de La Hague
Sur près de 700 hectares, les dunes de La Hague sont composées de dunes mobiles, de pelouses, de mares, et de boisements issus d’une plantation réalisée au début du XXe. s qu’il s’agit de contenir aujourd’hui pour préserver les pelouses.
La dune mobile, la plus proche de la mer, est dominée par l’oyat. Les pelouses accueillent ensuite une végétation rase comme la véronique en épi ou le rosier pimprenelle. Ces milieux sont également riches en lichens et en mousses… Des mares apparaissent au cours de l’hiver dans les parties les plus creuses de la dune. Elles sont essentielles à la reproduction des nombreuses espèces d’amphibiens comme le crapaud calamite.
La mare de Vauville
Dans la partie nord de l’ensemble dunaire, s’étend une grande mare d’eau douce permanente d’environ 9 hectares. Depuis 1976, la mare de Vauville ainsi qu’une partie des dunes adjacentes, soit environ 60 hectares, sont classées en Réserve Naturelle Nationale. Autour de la mare, la végétation se répartit en ceinture en fonction des niveaux d’eau et du temps d’immersion. Constituées de roseaux et d’iris faux-acore, les roselières occupent de grandes surfaces favorables à de nombreux passereaux de marais, telles que la rousserolle effarvatte ou la cisticole des joncs.
La mare de Vauville représente un site naturel remarquable pour la reproduction des amphibiens, avec 13 espèces, dont le Triton crêté ou encore la rainette arboricole, qui en font un site d’importance nationale pour leur préservation. Celle-ci accueille également de nombreux oiseaux nicheurs, tels que les fuligules milouins et morillons, rares en Normandie. La faune invertébrée est également importante, avec plus de 1200 espèces inventoriées.


Les falaises
Les falaises littorales offrent des conditions de vie rudes et inhospitalières : vent, embruns et sols peu profonds. Exposées au nord, entre Landemer et Omonville-la-Rogue, elles sont essentiellement constituées de Fougères aigles. Sur les pants plus abruptes exposées au sud et à l’ouest, entre Auderville et Herqueville, elles sont composées de landes plus maritimes.
Des oiseaux marins et d’autres habituellement plus montagnards cohabitent dans ces milieux accidentés. Les cormorans installent leurs nids en colonie alors que le Grand corbeau ou le Faucon pèlerin vont s’installer de façon plus isolée.
Le long du sentier du littoral, les plantes les plus communes sont le silène maritime, la potentille tormentille, la jasione des montagnes, ou la petite centaurée vivace, emblématique de la Hague.

Les zones humides
Favorisant l’accueil d’une faune et d’une flore riches et variées, elles prennent différentes formes à la Hague :prairies marécageuses, roselières, mares permanentes ou temporaires… Une dizaine d’espèces d’amphibiens y trouvent refuge (Triton marbré, Salamandre tachetée, Crapaud accoucheur…). Ce sont aussi des milieux intéressants pour l’observation des oiseaux tels que la bernache cravant ou encore le tadorne de Belon. Ces habitats jouent aussi un rôle hydraulique important : entre régulation des inondations en période hivernale et redistribution des stocks d’eau en période estivale, limitant ainsi la sécheresse.
Crédit photo : Arnaud Guérin

Les cordons de galets
Les cordons de galets sont de véritables remparts naturels, limitant par endroit l’érosion du trait de côte. Quelques plantes s’y sont adaptées comme le chou marin ou la criste maritime. Il s’agit également du lieu de nidification du grand gravelot.
Le Bocage
Si la Pointe de la Hague est caractérisée par ses murets de pierres sèches ou maçonnées à la terre, le bocage caractéristique du Cotentin s’élève et s’épaissit de denses formations végétales à mesure que l’on gagne le plateau (les aubépines et les pruneliers laissent ainsi place aux hêtres, frênes, chênes, et châtaigniers).
Végétalisés ou non, il sert de refuge pour de nombreuses espèces et assurent un lien entre les différents milieux.


Les vallées
Le relief de la Hague est marqué par des vallées encaissées parcourues par des ruisseaux de bonne qualité comparables à de petits cours d’eau de montagne. Délaissées par l’agriculture au XXe s., leur couverture végétale a évolué spontanément vers des landes, puis des boisements. Les versants particulièrement pentus et les fonds humides accueillent des frênes, châtaigniers, hêtres et saules. Ces vallées offrent les conditions favorables à certaines espèces de milieux boisés comme les chouettes ou les pics et les cours d’eau à des formations végétales denses à oenanthe safranée.

Le Réseau européen Natura 2000
En raison de ses richesses naturelles, des sites de la Hague (le massif dunaire, les récifs, les landes et l’Anse de Vauville) ont été désignés pour faire partie du réseau européen Natura 2000, qui vise à assurer la survie à long terme des espèces et des habitats particulièrement menacés, à forts enjeux de conservation en Europe. L’objectif de la démarche européenne est double :
- la préservation de la diversité biologique et du patrimoine naturel : le maintien ou le rétablissement du bon état de conservation des habitats et des espèces s’appuie sur le développement de leur connaissance ainsi que sur la mise en place de mesures de gestion
- la prise en compte des exigences économiques, sociales et culturelles, ainsi que des particularités régionales : les projets d’aménagements ou les activités humaines ne sont pas exclus dans les sites Natura 2000, sous réserve qu’ils soient compatibles avec les objectifs de conservation des habitats et des espèces qui ont justifié la désignation des sites.
La sensibilisation et l’éducation du grand public aux enjeux de la biodiversité y tient une place essentielle, à laquelle le Géoparc La Hague vise à contribuer.
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